| Juillet 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | ||||||
|
||||||||||
Quel moment !
Plus qu'un concert plus commun, un concert de gospel est une forme de communion non invasive qui permet d'apprécier à la fois, les voix, les textes et de plonger en soi en compagnie des autres. C'est ce qui m'a toujours attiré dans le gospel. Le fait que ce plaisir n'ait pas été solitaire n'a fait que le renforcer.
Après avoir passée toute l'après midi à travailler sur une musique pour mes choristes favorites, j'étais impatiente de filer au Concert d'autant que les réservations avaient été faites sur internet. L'excitation était telle que nous avons mangé sur le pouce dans un troquet qui me permettait de voir l'entrée et les caisses. Mais j'ai cessé toute agitation en voyant le baryton Paul Brembly franchir la porte du café, il a dès lors été mon signal pour avancer.
C'était ma première au casino de Paris et moi qui pour l'instant ne jurait que par le Marigny, La Madeleine et l'Édouard VII, je dois reconnaître qu'on ne joue pas dans la même cour ici, c'est fichtrement grand et il serait difficile d'y jouer une pièce en affichant complet plus de dix jours. Il n'y a pas dire, le Golden est mythique et la salle n'était pas loin d'être complète. Je n'ai pas trop le "syndrome camera" qui pousse les gens à regarder sans cesse autour d'eux mais j'aime assez voir une salle remplie dans sa totalité, il y'a quelque d'exaltant à voir autant d'anonymes si différents les uns des autres, qui l'espace de quelques heures partagent un élan commun.
Au moment de gagner nos places, j'ai presque regretté d'être au première rang en me disant qu'il me serait impossible de me lever mais dès leur entrée sur scène, j'ai compris que nous étions si près d'eux que leur reste importait peu. J’étais totalement exaltée et ceux qui comme moi étaient dans le même état ont applaudi à tout rompre dès l'arrivé du quatuor, pas de standing ovation mais un bel accueil digne d'eux. C'est ainsi que mené par le plus ancien du quatuor, Clyde Wright, le Golden a commencé le concert par deux trois spirituals "old school", donc accapella pour très rapidement enchaîné sur des classiques du gospel pour nous mettre dans le bain. Je n'ai pas vu passer la première partie, un plaisir en chassait un autre, jusqu'à ce que Clyde Wright à la manière de "droppy" en français dans le texte nous envoie en récréation.
L'entracte est passé assez vite, entre deux échanges animées sur les gospels qui n'avaient pas encore été chantés et la satisfaction de ce que
nous venions d'entendre, nous avons repris nos places en piaffant d'impatience. La seconde partie du concert a été plus éclectique, les nouveaux gospels, compositions de Clyde Wright
pour la plupart (sauf erreur de ma part) nous ont permis d'apprécier le remarquable jeu de jambe de Paul Brembly, mais aussi d'entendre un peu plus longuement en solo la merveilleuse
voix basse d'Anthony Gordon et de tomber à la renverse face à la bouleversante voix de Franck Davis, le premier ténor.
C'était tout simplement parfait de voir une telle harmonie, une telle complémentarité, j'ai pensé très fort à mes petits rossignols d'Elikia, évidemment sans comparaison aucune, ce serait d'un
ridicule face à une telle virtuosité. Mais je suis fascinée par la beauté de ce quatuor, il y'a eu tant de changements au fil des années et la magie n'opérait pas à chaque fois, car plus que les
voix, les personnalités entrent beaucoup en ligne de compte dans un ensemble vocal et là c'est réussit.
Même si on a parfois l'impression que Clyde Wright occupe un grand espace, il faut reconnâitre qu'il n'a pas son pareil pour animer, il a l'oeil qui frise en permanence et son
aisance sur scène est tout simplement contagieuse, il nous donne l'impression de s'adresser à chacun de nous, il a ce petit "plus" qui transforme un simple concert en moment
inoubliable. Pourtant les autres ne sont pas en reste, s'il en fallait un, Paul Brembly (le grand barbu débonnaire) serait le digne successeur de Clyde Wright, c'est un bout en
train énergique et très actor studio qui derrière sa barbe sait se transformer tantôt en prédicateur menaçant, tantôt en fidèle possédé par le saint esprit, il fait des merveilles notamment sur
"Joseph", mais aussi pour "When the saints" et de temps à autre, il gratte sur une petite guitare avec appétit et c'est un enchantement.
Les deux autres membres du quatuor rouvent leurs places aussi même s'ils semblent plus discrets, Anthony Gordon (le longiligne à lunettes pour faire simple) avec ses
faux airs de séminariste nous a surpris dans certains gospels comme "when the saints" ou '"happy days" en passant de sa réserve un peu compassée à une liesse
ardente. Quand à Franck Davis, (le grand costaud moustachu, oui je sais c'est enfantin, mais je n'ai pas mieux) il a été ma plus belle surprise et si j'en crois la réaction de la
salle, je n'étais pas la seule, il nous a cloué d'émotion, la première dans un gospel assez lent dont j'ai oublié le titre, mais qui m'a fait pensé à la voix lead des Platters, vous savez la voix
de "only you, the great pretender", celle là, montant en puissance jusqu'à vous faire tressaillir, alors bien sûr, quand l'émotion vous monte au cerveau comme çà, on exorcise par des
applaudissements qui n'en finissent plus jusqu'à ce que la pression redescende un peu, pour les exaltées dans mon genre, c'est même l'occasion de pousser une bonne gueulante en même temps ; mais
tout cela n'était qu'une mignardise à côté de ce qu'il nous a réservé sur la fin de "Happy day " , nom de Dieu, de nom de Dieu, c'était divin.
Et puis alors least but not last, j'ai été ravie de voir Clyde Wright tendre un micro au jeune homme qui m'accompagnait, nous étions si près d'eux, peut-être avait-il remarqué que
nous chantions à en perdre la voix ? Toujours est-il que le veinard ne s'est pas fait prié, chanteur de gospel à ses heures perdues, premier coach vocal
des sirènes d'Elikia, il a sauté sur l'occasion unique de pouvoir fredonner un refrain avec le Golden Gate Quartet, sous le micro d'un ténor comme lui. Je le sentais au bord de se
signer tant il exultait, il ne pouvait rêver meilleur dénouement. Je me demande s'il s'en est remis d'ailleurs ?
Oh la vache, quel bavarde !
Quand je pense que je ne voulais pas en faire des tartines, c'est raté, il faut dire que j'ai vraiment passé un moment divin, mon seul regret est de ne pas avoir eu les choristes
d'Elikia à mes côtés.
J'espère que ce n'est qu'un au revoir, mais en attendant un grand merci au Golden Gate Quartet de Clyde Wright, d'Anthony Gordon, de Franck Davis et de Paul Brembly.
|
|
|
|
||
|
BANA BA YURU - DOUCEUR DE L'APPEL |
||
|
|
||
|
|
||
|
NSI YA PALADISO - FERVEUR ACCAPELLA |
||
|
|
Derniers Commentaires